Football : et si le sélectionneur du Togo n'était pas l'unique problème ?

Crédit photo : Senego

Les Eperviers du Togo sont déjà éliminés et ne participeront pas à la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Au delà de la déception, quelles sont les causes de cette débâcle ?

Le 14 et 17 novembre 2020, le Togo affrontait l’Égypte dans une double confrontation périlleuse pour le compte du troisième et quatrième tour des qualifications pour la prochaine CAN au Cameroun en 2022. Les hommes du sorcier blanc n’ont pas fait le poids devant les pharaons. Une double défaite (1-0;1-3) qui scelle déjà le destin des Eperviers. Une fois encore, le Togo n’a pas su faire honneur à son rang dans ce groupe G où on trouve également les Comores et le Kenya. Si le sélectionneur français des éperviers Claude le Roy fait l’objet de critiques de la part des amoureux du ballon rond, il convient de remarquer que le mal du sport togolais en général, et du football en particulier, est plus profond.

Un sorcier blanc qui a perdu sa grimoire

Arrivé en 2016  comme une rock star sur instruction du chef de l’État Faure E. Gnassingbé, le bilan du technicien français à la tête des éperviers est plus que catastrophique. Deux victoires en 20 matchs. Ce qui provoque le courroux du public sportif. Et avec un salaire astronomique de 25 millions FCFA, il est normal que les togolais exigent des résultats.

Claude le Roy était, jadis, un entraîneur à succès et surnommé le sorcier blanc pour ses exploits avec plusieurs sélections africaines. Mais c’était jadis ! Aujourd’hui le sorcier semble avoir perdu sa grimoire. L’équipe nationale n’a aucune philosophie de jeu. Des choix tactiques discutables et une communication catastrophique. Loin de douter de ses capacités techniques, il  semble être dépassé par les évènements et il est temps qu’il fasse ses valises. Toutefois, désigner le sorcier blanc comme le seul responsable des problèmes du football togolais serait faire preuve de sorcellerie

Le football de haut niveau ne s’apprend plus dans les rues

Le football, c’est les infrastructures ! Et en la matière, le Togo a un retard spectaculaire. Le football est devenue une science. Et le joueur moderne est désormais, au même titre qu’un scientifique, un individu placé dès son plus jeune âge dans les meilleurs conditions d’apprentissage possible. Or, au Togo, les jeunes s’entraînent toujours dans les rues. Même les équipes du championnat de première division ont des conditions d’entraînement approximatives avec des terrains poussiéreux et de nombreux ballons en fin de vie.

Alors, comment comptez vous, par exemple, rivaliser avec les jeunes égyptiens formés dans des centres de formation de hauts niveaux avec des infrastructures modernes ; qui ont fait toutes les équipes de jeunes (U17,U20 etc), jouent dans un championnat local professionnel et compétitif ?
Même avec José Mourinho ou Jürgen Klopp, le résultat sera le même. Tant qu’on aura pas des infrastructures modernes, un encadrement diplômé, un championnat compétitif et des équipes de jeunes, faut pas s’attendre à grand chose.

La grinta de la génération précédente des Eperviers

Adebayor, Kader, agassa kossi, Darê, Abalo, Zanzan, Romao, Amewou, Cherif Touré, Senaya jr, Oloufadé, Salifou Moustapha, Obilalé… Des nom gravés à jamais dans le cœur des togolais. Même si cette génération n’a rien gagné, elle s’est illustrée par leur combativité, leur hargne, et l’amour de la patrie. Chaque match était une mission commando. Et ils donnaient tout sur le terrain. Tenir en échec le Sénégal d’El hadj Diouf sur ses installations (2-2), il faut avoir de la rage  pour aller chercher cette qualification pour la coupe du monde 2006. La nouvelle génération des éperviers n’a rien à envier à la précédente en terme de talent. Mais, il manque cette grinta qui caractérisait leurs aînés. Ils peuvent et doivent faire plus. C’est seulement ainsi qu’ils peuvent écrire une nouvelle page de l’épopée des éperviers.

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Auteur·e

weeli

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